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Quand l’information devient pollution

Tous les cours sur la propriété intellectuelle commencent par rappeler que les biens informationnels sont coûteux à produire mais non à reproduire[1] et qu’il faut par conséquent mettre en places des incitants à la production d’information. D’où la propriété intellectuelle.

Mais manquons-nous vraiment d’information ? Il semblerait parfois que nous souffrons plutôt d’une overdose d’information.

La surconsommation de l’information peut rendre malade.Telle est la surprenante thématique d’une singulière exposition qui se tient actuellement au musée de la communication à Berne. Dans le domaine de la nutrition, trop manger peut nuire plus moins gravement à la santé. Il en est de même avec les tonnes d’informations que l’on consomme à l’excès partout, n’importe quand et sur tous les supports possibles.Au travers de l’exposition et des pistes de réflexions proposées, on s’abandonnera librement à un check-up  qui déterminera notre niveau d’intoxication et permettra de discerner la gravité de notre addiction.

Et attention, gardons à l’esprit que nous avons tous une part de responsabilité dans cette situation car nous produisons nous-mêmes de l’information chaque jour en la propageant, en la colportant ou simplement en la partageant.

Cela vous interpelle-t-il ? Que pensez-vous de cette surabondance d’informations qui vous oppresse continuellement ?

Lorsque l’on sait qu’à l’heure actuelle, il se produit tous les deux jours le même flux d’informations qu’entre le commencement des civilisations et l’année 2003[2] (et encore, il n’est question que des données publiées sur Internet), n’y a-t-il pas lieu de se demander si l’ « infobésité » est, comme l’obésité, un « mal » qu’il faut soigner ?

Bien entendu, afin de permettre aux individus de s’y retrouver dans ce labyrinthe informationnel, sont apparus des intermédiaires en tout genre (songeons notamment aux portails, moteurs de recherche, agrégateurs de news, référenceurs, etc.) faisant en sorte de filtrer les news ou de les hiérarchiser[3].

Parallèlement à cela, il importe également d’observer que les contenus informationnels sont aussi produits par les internautes eux-mêmes, que ce soit par le biais des réseaux sociaux, des blogs, des forums de discussion ou encore via ce qu’onappelle le journalisme collaboratif.

Dans ce contexte, des interrogations supplémentaires peuvent encore se poser :

  • Quel est encore la justification du droit d’auteur et comment peut-on le faire respecter le droit d’auteur (doit-on prôner sa réforme ?)
  • Quel est l’avenir de la presse face à cette pléthore de nouveaux intermédiaires ?

 Post rédigé par Elodie Depuyt étudiante (2è Master en droit à l’UCL)

 


[1] Hal R. VARIAN, « Markets for Information Goods », University of California, Berkeley, 1998, p. 3.

[2] E. SCHMIDT cité par E. SCHERER, A-t-on encore besoin des journalistes ? Manifeste pour un « journalisme augmenté », Paris, Presses Universitaires de France, 2011, p. 31.

[3] J. FARCHY, Internet et le droit d’auteur. La culture Napster », Paris, CNRS Editions, 2003, pp. 123-127.

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Nicolas Brahy is the Legal Manager of the Fuel Cells and Hydrogen Joint Undertaking, a public private partnership supporting research, technological development and demonstration activities in fuel cell and hydrogen energy technologies in Europe. Its aim is to accelerate the market introduction of these technologies, realising their potential as an instrument in achieving a carbon-lean energy system. He also teaches at the Catholic University of Louvain courses on intellectual property and on EU public finances.

12 Comments

  1. Sources.

    [1} M. DIDIER, Propriété intellectuelle et droit de l’information appliqués aux collectivités territoriales, Voiron, Territorial éditions, 2007, p. 3
    {2} {3} P. SCHWANDER, « L’information sur les droits de la propriété intellectuelle au service de l’innovation », http://www.wipo.int/portal/index.html.fr
    {4} M. TESSIER, « La presse au défi du numérique », http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/document-46
    {5} {6} Rapport du groupe de travail de l’Académie des sciences morales et politiques présidé par M. Gabriel de Broglie, « Le droit d’auteur et internet », http://www.droitsdauteur.culture.gouv.fr/rapportbroglie.pdf, juillet 2000, p. 5

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  2. Aujourd’hui, que ce soit dans les bibliothèques, médiathèques, services de documentation, archives, musées et services de communication, la propriété intellectuelle et le droit d’auteur s’appliquent quotidiennement et de la même manière.[1]

    L’on actuellement vit une époque dans laquelle l’on « croule » littéralement sous les informations, à cause d’internet. Si vous cherchez, par exemple, la définition du mot « brevet » dans Google, vous obtiendrez des milliers de résultats ! En quelques minutes, l’on peut se procurer sur la Toile une quantité faramineuse d’informations. Or, il y a trois décennies, il aurait fallu des applications lourdes, impliquant conseillers et spécialistes en la matière pour tenter de trouver ces réponses.

    Cependant, je pense que ce n’est pas parce que nous avons la chance d’être face à une abondance d’informations, notamment grâce à toutes les nouvelles technologies, que celles-ci sont forcément mieux connues et examinées en profondeur !
    Nous sommes effectivement le plus souvent « noyés » dans ce foisonnement de données alors que nous sommes assoiffés de connaissances qui nous permettraient de résoudre nos problèmes. Ce n’est pas parce que l’information se multiplie d’années en années à la vitesse grand V qu’il faut en conclure que nos connaissances s’accroissent.[2]

    En effet, l’ on peut se poser la questions de la « véracité » des sources qui propagent l’information.

    Prenons le cas d’internet : ce dernier a joué un rôle prépondérant ces dernières années en augmentant la vitesse avec laquelle il est possible d’accéder à l’information pertinente notamment par la multiplication impressionnante du nombre de « blogs » et autres réseaux sociaux en explosion. Mais lorsque nous voulons trouver des réponses à des questions qui sont plus ciblées et mieux détaillées, internet montre tout de suite ses limites. Pire, il peut nous induire en erreur.

    Par exemple : il est difficile de trouver une réponse aux questions suivantes : « quels sont les coûts globaux engendrés par la protection des brevets ? » ou encore « quelle est la meilleure stratégie pour que mon entreprise maximise son profit en matière de droit de la propriété intellectuelle ? » [3] … Toutes ces questions ne peuvent faire l’objet d’une réponse nette, claire et précise sur internet ! Il ne faut dès lors pas perdre de vue qu’internet ne remplacera pas les conseillers, spécialistes ou autres sources de documentation dans certaines matières.

    N’est-il pas aussi préférable de se documenter auprès de la presse – écrite ou visuelle – spécialisée ou non ?

    La question se pose de savoir si la presse a encore un avenir face à cette pléthore de nouvelles sources électroniques comme internet.

    Ce n’est pas le première fois que la technologie amène les responsables de la presse à s’interroger sur leur futur ! La radio puis la télévision ont été les premiers à les mettre au défi sans pour autant en être leurs démolisseurs malgré les prédictions les plus pessimistes.

    Il est indéniable que le journaliste ne détient plus le monopole de l’information face à internet. Mais pourquoi ? Et se dirige-t-on vers la fin du journalisme ?

    Tout d’abord, internet permet un certaine interactivité entre les lecteurs grâce aux blogs et forums institués depuis peu sur le net. La Toile permet à l’internaute de commenter un article, d’approuver ou de critiquer alors que la presse décide de ce qui fait l’actualité, sans que le public puisse y réagir.

    Cependant, l’on peut croire que cette facilité de diffusion d’informations sur ces forums peut nuire souvent à la qualité de ces informations. En effet, tout ce qui est publié en ligne n’est pas forcément fiable ! Combien de rumeurs infondées, d’informations contradictoires, de données mensongères, calomnieuses ou manipulatrices n’a-t-on déjà pas constatés sur le net ?
    Le métier de journaliste consiste, quant à lui, à sélectionner l’information ; à la vérifier en recoupant ses sources ; et à l’accompagner quelques fois d’une analyse, d’une réflexion. En outre, le journaliste est soumis à des règles de déontologie qui l’empêche de diffuser n’importe quoi et n’importe comment. L’on aura, dans ce contexte, tendance à avoir d’avantage confiance envers les journaux et autres organes de presse, garants d’un certain niveau de qualité !

    Deuxièmement, un des atouts du net est aussi sa gratuité.
    En effet, qui serait, encore de nos jours, prêt à payer pour être informé ? Internet permet d’accéder à un nombre conséquent d’informations et en plus gratuitement !

    Mais si l’on veut approfondir un thème ou aller plus loin dans une réflexion, l’utilisation de la presse écrite parait indispensable ! Une majorité du public serait d’accord de payer pour des informations de qualité. En effet, l’on paye non pas pour la bonne odeur du papier journal mais pour le savoir-faire journalistique. La qualité et la fiabilité de la prestation feront ainsi la différence .

    Enfin, le « support » utilisé fait qu’une bonne partie de la population continue et continuera encore à recourir à la presse. En effet, lire l’actualité devant un ordinateur n’a pas et n’aura jamais le même charme que de lire un journal avec une tasse de café, que ce soit au bistro, au bureau, au restaurant, ou encore chez soi au coin du feu. Ecouter les nouvelles à la TV, regarder des émissions spécialisées ou des reportages commentés fait aussi encore partie de la vie quotidienne des gens.

    Mais il est évident que, dans les années à venir, la presse devra disposer d’une capacité d’ adaptation permanente, car elle se trouve dans un environnement où la concurrence se renouvèle sans cesse [4] !

    Une autre question qui interpelle à ce stade est de savoir pourquoi faire encore appel au droit d’auteur pour protéger ces informations en diffusion sur internet alors qu’il apparaît que ces dernières sont impossibles à contrôler, étant donné leur flux qui augmente d’années en années.

    L’application du droit d’auteur à certaines informations comme certaines théories, expériences personnelles, images, musiques téléchargées est-elle encore une bonne solution ? Et si oui, alors comment le faire respecter ?

    La législation sur le droit d’auteur doit éviter l’abus de droit de l’auteur sur son œuvre. Mais, dans le même temps, elle doit créer les conditions favorables de l’épanouissement des beaux-arts et, pour ce faire, garantir à l’auteur un niveau suffisant de sécurité juridique et de reconnaissance morale et matérielle de ses droits sur l’œuvre pour récompenser l’auteur et inciter d’autres talents à s’exprimer [5] .

    Le droit d’auteur permet donc de rémunérer la création mais l’information, quant à elle, reste gratuite et facilement accessible. Alors comment concilier les deux ?

    Trois arguments sont en général avancés pour soutenir que le droit d’auteur ne devrait pas être applicable dans un environnement numérique.

    Tout d’abord, l’indifférenciation des éléments de l’œuvre représenterait une première difficulté.

    Ensuite, l’objet même de la protection ne serait plus clairement identifiable dès lors qu’il peut s’agir aussi bien d’une image, d’un son ou d’une série de lignes de programmation lorsque le logiciel est lui-même l’objet de la protection.

    Enfin, la facilité d’emprunt ou l’impossibilité de le déceler rendrait la législation protégeant le droit d’auteur parfaitement inadaptée à l’environnement numérique.

    Seulement, d’un point de vue juridique, le droit d’auteur s’applique entièrement au réseau
    internet, et la numérisation de l’œuvre ne change rien à cela dès lors que la législation sur la
    propriété intellectuelle saisit l’œuvre en tant que résultat d’une activité créative de l’esprit.

    Il est vrai que, dans la pratique, l’effectivité de certaines des composantes traditionnelles du
    droit d’auteur est remise en cause. Mais la difficulté réside surtout dans le caractère lacunaire
    de notre droit en la matière ! Il est nécessaire que certaines situations soient clarifiées, notamment en ce qui concerne la titularité des droits ou la nature d’actes techniques propres au réseau internet comme les reproductions intermédiaires ou de proximité et surtout la situation de la responsabilité des acteurs de l’internet qui est insuffisamment précisée.
    De plus, l’on peut se demander si le fournisseur d’hébergement ainsi que le fournisseur d’accès peuvent être exonérés de toute responsabilité ? [6]

    Je pense qu’il est plus que temps de concrétiser une réforme sur le droit d’auteur pour permettre aux inventeurs d’être mieux rémunérés.
    C’est le cas notamment pour les créateurs de musiques, films et tout autre document téléchargés illégalement sur le net. Comment protéger les originaux ?

    Je crois qu’il faut chercher des nouvelles formes de régulation pour augmenter les droits d’auteur et les faire respecter.

    De bonnes solutions à ce problème seraient notamment de défiscaliser la création de certaines œuvres non commerciales ; intensifier les sanctions pénales et civiles en cas de copyright ; imaginer un système de certification des œuvres à chaque copiage de telle façon que tout détenteur d’une œuvre ne pouvant pas produire ce certificat s’exposerait à de graves sanctions ou encore que les auteurs ne soient plus rémunérés à l’œuvre mais au flux d’informations transférées sur internet.

    Mais cela ne serait encore que de vagues solutions pour tenter de résoudre la grande problématique que représente le conflit permanent entre les droits d’auteur et le web.

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  3. Personne ne peut nier la surconsommation et surtout la surproduction d’informations de nos jours.

    Mais la question est de savoir si toutes ces informations qu’on retrouve sur internet ont la même valeur ? Bien sûr que chacun donne son grain de sel à différents thèmes d’actualité qui nous interpellent, mais est-ce qu’on peut vraiment parler d’une information de qualité ?

    D’après moi, il faut surtout hiérarchiser les différentes sources.
    Il se fait que notre société a adapté le même point de vu : comme pointé dans l’article, Google ou Yahoo ou tout autre moteur de recherche, tentent de faire un tri préliminaire des informations en hiérarchisant les différentes sources.
    De même que toute personne avec un certain degré de sens critique est capable de donner plus de poids à des informations venant de sources garantissant une certaine qualité et crédibilité (tel que le site web de La Libre Belgique ou Le Soir) qu’à différents blogs d’internautes étalant des informations de qualité médiocre.
    Je ne pense pas qu’il existe une autre manière de combattre cette « infobésité » que d’essayer de traiter intelligemment les nombreuses informations qui nous influencent au quotidien. Notre simple sens commun nous devra être un guide.

    Par rapport au droit d’auteur, il ne me semble pas qu’il puisse influencer les flux d’information. Peu importe qui est l’auteur d’une œuvre, que cette œuvre soit de grande qualité ou non, aussi longtemps qu’il s’agit d’une œuvre étant l’expression de la personnalité de son auteur, elle sera protégée. On ne peut demander à un juge, et heureusement, de décider de manière discrétionnaire ce qu’il considère étant une œuvre valant la peine d’être protégée par un droit d’auteur et laquelle ne l’est pas.

    C’est ainsi, comme déjà dit, que c’est à nous de faire le tri pour ne pas être contaminer par « l’infobesité ».

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  4. La presse écrite (qui semble être visée par la seconde question) est certainement celle qui souffre le plus de l’apparition de l’Internet. Quels ne sont pas ces journaux qui, chaque année, disparaissent plus ou moins discrètement ? Les cassandres lui augurent à bon droit un avenir qu’on ne lui envie pas. Ce qui semble se jouer n’est pas tant sa disparition que l’effritement constant de son monopole d’informer. L’émergence de l’Internet (après celles de la radiophonie et de la télévision) est venue rebattre les cartes de l’économie de l’information. A la hussarde, il est entré en lice. La presse écrite, argus historique de la démocratie, s’est d’abord drapée dans le voile de la vertu face à cet énergumène « Internet ». Quelle vertu ? Celle de sa légitimité à informer convenablement la population. Elle a dans un premier temps snobé ce parvenu de l’information qui, outrecuidant, entend jouer sur ses plates-bandes. N’est-elle pas, elle, la vraie presse ? Garante d’un traitement intellectuel de l’information, détentrice d’un label de qualité, ointe d’une charge sacrée pluriséculaire ; le Journaliste – celui muni d’une carte de presse, bien sûr – en étant la plus noble cheville ouvrière. Force est pourtant de constater que la sensibilité de la population à l’égard de cette légitimité se réduit comme peau de chagrin.

    De surcroît, la déploration de cet effritement se charge d’une part émotive qui s’explique par le profond enracinement culturel dont jouissent les organes de la presse écrite. En effet, un journal, constitue bien plus que la simple transmission ou diffusion de l’information ; c’est aussi l’histoire de son aventureuse fondation ; ce sont de grandes figures qui lui sont associées (Marcel Proust et le Figaro littéraire ; Hubert Beuve-Méry et le Monde ; Marcel De Corte et la Libre Belgique…) ; ce sont ses lecteurs fidèles dont on se fait une idée grâce à leurs courriers qui y sont régulièrement égrenés. Un journal, c’est d’abord un papier fleurant un parfum particulier, bruissant d’un son singulier ; c’est, souvent, une tasse de café, un croissant et un établissement au coin de la rue dans lequel on se pose pour le lire à l’abri du grouillement matinal. Il fait partie intégrante d’une manière de vivre, d’une qualité de vie. A contrario, l’Internet est partout, tout le temps et tout de suite via les appareils technologiques qui permettent d’y avoir un accès aisé ; il est fonctionnel, brut de décoffrage et ne se formalise pas de ces qualités et agréments de la vie. Les tenanciers de ces mêmes établissements oui : les connexions wifi font florès. L’équation change : un Mac, un café, un croissant, mais sans le charme, peut-être surannée, des aspérités du papier.

    De qui parle-t-on lorsqu’on évoque l’Internet ? Il s’agit de tout le monde ou plutôt n’importe qui. Tout qui veut peut prétendre, sinon au titre, au moins au rôle de journaliste. Allant du plus sérieux aux plus farfelus, on trouve, en sus des organes de presse traditionnelle contraints d’y avoir pris place, une myriade de sites d’informations, de ré-informations, de contre-informations et autres blogues ou réseaux sociaux. Cette effervescence est sans nul doute tributaire des coûts occasionnés bien moindres que ceux, autrement plus lourds, nécessaires à la réalisation d’un journal classique.

    Aussi, ce qui caractérise la presse écrite n’est pas la seule transmission de l’information, mais la certitude que l’information aura été pesée, sous-pesée et digérée. Cette certitude, finalement relative, n’amène pas à la conclusion que le rendu soit systématiquement et nécessairement valide mais il apporte une présomption de qualité (dont ne bénéficie assurément pas l’Internet, tant s’en faut !). Le journal ne constitue pas paroles d’évangile, et le journaliste ne monte pas en chaire lorsqu’il rédige mais force est de constater que leur est reconnue une espèce d’autorité intellectuelle – à laquelle ils prétendent d’ailleurs. Plus que la presse écrite, c’est la profession journalistique qui est interrogée, bousculée au plus profond d’elle-même par l’avènement de l’Internet. Si l’on achète de moins en moins de journaux, sans doute est-ce d’une part que l’on a gratuitement accès à la même information mais d’autre part, pour peu que le premier argument ne soit pas décisif, qu’on ne porte plus la même foi à cette présomption de qualité à laquelle le travail journalistique en amont devrait censément contribuer. Dès lors, amodier de manière contingente un modèle dont l’essentielle structure s’origine dans une époque où elle ne souffrait concurrence est insuffisant et inopportun. La presse écrite est tenue de se départir de cette atonie propre au confort qu’une trop longue période hégémonique et monopolistique favorise. Auparavant, la concurrence que les organes de cette presse se livraient était balisée par ceci que ces acteurs répondaient à des modèles économiques de production et de réalisation similaires. La guerre ne se jouait donc pas sur les coûts. Le lectorat qui couvrait un grand nombre était ainsi divisé en parts de marché : à visée populaire ou à destination de l’intelligentsia, pour les élites financières ou petites gens, de campagne, régionaux ou nationaux, ces journaux se distinguaient selon leurs idéologies, obédiences et autres opinions affichées ou non. Et, régnant seuls, qui souhaitait s’informer ne pouvait qu’acheter un journal. Ce n’est résolument plus le cas.

    La presse écrite ne doit cependant pas simplement s’adapter ou copier ce qui se fait sur l’Internet mais plutôt cultiver, dans cette nouvelle mouture de l’économie de l’information, ce ferment d’originalité qui lui ramènera une partie de ses ouailles perdues et, surtout, arrêtera l’hémorragie de sa dispersion. Quitte à repenser sa situation en termes d’économie d’échelle et affiner le ciblage de son lectorat. Ce levain se situe, à notre estime, dans le traitement de l’information, la guerre de sa diffusion étant d’ores et déjà perdue ou ingagnable. La probité de sa ligne éditoriale, la qualité des réflexions proposées, la rigueur intellectuelle de ses articles ou encore la plume de ces journalistes seront autant d’éléments lui permettant de se démarquer du commun et de la simple diffusion. Ces arguments ne seront pourtant pas déterminants en tant que tels. Les organes d’information de l’Internet peuvent tout autant leur attacher de l’importance. Certains le font. La presse écrite, si elle veut le rester, doit, en outre, tabler sur l’originalité et le confort de la conception d’un bel objet, sur des critères de qualité et de spécificité assez convaincants pour qu’ils décident les lecteurs à en faire l’acquisition. Il faut parvenir à les persuader que, lorsqu’ils en achètent un, ils acquièrent un bien d’information que, par ses nature et contenu, ils ne retrouveront pas sur l’Internet. C’est un truisme, nous en convenons, mais il n’en garde pas moins sa validité. Dans un ordre d’idées similaires, il faut avoir égard à la complémentarité que leur site sur l’Internet et leur version papier sont censés entretenir. A peine qu’il y n’ait double-emploi et, ipso facto, insuccès du résultat escompté – voire effet inverse.

    Finalement, après la problématique de la perte du monopole d’informer, il est de s’interroger sur le support-même de la presse écrite. Se dirige-t-on inéluctablement vers le tout numérique ? Comment ces acteurs peuvent-ils faire face aux coûts qu’occasionne la production papier d’un journal ? Coûts obérant les perspectives d’avenir au regard de cette rude concurrence démarchant ses lecteurs que les acteurs de l’Internet – qui ne sont pas soumis aux mêmes charges – entretiennent. D’aucuns avancent qu’il suffirait simplement de ne plus émettre que sur la toile et négliger les versions papiers ; qu’il faudrait se livrer à une grande transhumance. Mais que déplore-t-on alors ? Qu’à la concrétude du journal soit préféré l’immatériel Internet ? Ou que de nouveaux acteurs dont on ne connaît plus le pedigree s’imposent ? Et de s’interroger sur ce que l’on souhaite préserver, sauver quand on envisage l’avenir de la presse écrite. Est-ce l’objet que constitue le journal et ce qu’il comporte d’art de vivre, de confort (ou d’inconfort selon sa taille… mais cela participe de son charme) et de nostalgie (déjà ?) ? Ou sont-ce les organes de la presse écrite eux-mêmes dans leur efflorescence, récipiendaires de traditions, témoins, parfois acteurs, de l’histoire et, apparemment, garants d’un digne traitement de l’information ?

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  5. L’infobésité est un problème qui obsède tous les professionnels de l’information. Depuis le documentaliste jusqu’au chargé de veille, la recherche des informations pertinentes devient un véritable défi technologique. Pour trouver l’aiguille dans la botte de foin, le documentaliste a laissé tomber ses casiers de fiches et adopte une méthodologie pointue, tant au niveau de la maîtrise des sources d’informations (bases de données, portails, moteurs de recherche,…) que des outils permettant leur exploitation (Flux RSS, logiciels de surveillance, outils de gestion de signets,…) ou leur diffusion (wiki, plateformes collaboratives,…).

    … Mais qui parle de diffusion parle de droit d’auteur. Comment organiser une revue de la presse sans se ruiner ? Comment instaurer légalement une bibliothèque virtuelle dans laquelle pourraient se servir les membres d’une organisation ? A quelles conditions astreignantes un documentaliste peut-il diffuser les produits de sa recherche ? Une clarification de la loi en matière d’échange d’informations numériques me paraît essentielle dans un contexte où le documentaliste lui-même ne sait plus à qui s’adresser pour obtenir des certitudes.

    Parallèlement à cette prolifération anarchique de documents de toutes sortes, les entreprises tendent de plus en plus clairement vers une politique de knowledge management au centre de laquelle émergent des Communities of Practice, c’est-à-dire des groupes partageant un intérêt commun et échangeant des informations, des idées, des solutions. La conséquence de ceci est de voir naître des groupes d’experts, échangeant dans leur domaine à partir de réseaux sociaux professionnels. C’est le cas sur des plateformes collaboratives intra-organisation, mais c’est également le cas sur des réseaux publics comme LinkedIn.

    … Mais qui parle d’échange d’information, parle de droit d’auteur. Parmi les objets de ces échanges, nous avons bien sûr des réflexions, des retours d’expériences, des théories personnelles. Mais nous avons également une pléthore d’articles, de liens, d’images, de documents, de signets dont on peut se demander ce qu’il resterait si on appliquait le droit d’auteur à la lettre…

    Une dernière illustration : l’infobésité a pour effet de voir apparaître toute une série de nouveaux métiers, parmi lesquels la curation. Un curateur compile, classe et commente des informations concernant un sujet particulier sur son blog. Très appréciés par les veilleurs, ces blogs représentent une concentration organisée de toutes les informations touchant une problématique.

    … Mais qui parle de compilation, parle de droit d’auteur. Leur existence est aujourd’hui menacée par ceux qui n’y voient que du « pillage de contenus Web ».

    Ces trois illustrations montrent à quel point il est temps de concrétiser une réforme claire du droit d’auteur. La question centrale pourrait être de savoir si tout échange d’information dans un contexte professionnel porte bien atteinte à l’incitation de créer de l’auteur. Une licence légale est prévue pour la recherche et l’enseignement. Pourquoi ne pas étendre cette licence à des organismes publics ? Je pense notamment à la police fédérale, pour laquelle un libre échange d’informations entre les membres, ainsi qu’un accès facilité à certaines bases de données (recherches en nouvelles technologies, articles juridiques, presse,…) permettraient très certainement d’augmenter l’efficacité tout en en diminuant le coût.

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  6. La presse a une place fondamentale dans une société démocratique. Elle peut être vue comme le 4e pouvoir à côte du pouvoir législatif, exécutif et du pouvoir judiciaire. Dès lors, elle a le droit d’informer les gens de tout ce qui lui paraît intéressant et important pour la collectivité. Aujourd’hui, la presse n’a plus le monopole en ce qui concerne l’information. Comme beaucoup d’autres médias sont apparus notamment grâce à l’évolution de l’Internet, la presse doit s’adapter à ces médias.

    Ce phénomène facilite la divulgation rapide des informations et par conséquent, les gens sont mieux et plus rapidement informés. Mais, par ce fait, il y a le risque (comme déjà signalé par Maria Coppens) que les médias déforment les informations parce que la nouvelle la plus intéressante est lue et donc plus profitable. Et comme la concurrence a augmenté pendant les dernières décennies, les médias ont souvent tendance à gonfler les nouvelles pour qu’elles soient lues.

    La presse et aussi les gens doivent donc veiller à bien filtrer les informations. Ceci est très important parce que les gens ne sont pas nécessairement mieux informés par cette overdose d’information. Ils perdent du temps pour les traiter et la réflexion est moins approfondie car ils traitent en même temps une centaine d’informations. En outre, cela cause du stress étant donné que les gens craignent de perdre la vue d’ensemble ou de ne pas voir une information importante. L’information ne devient donc pas nécessairement meilleure par cette divulgation facile et rapide de l’information. Pour remédier à cette overdose d’information, il est utile de se poser une limite de temps et de bien définir ses intérêts et ses objectifs. Dès lors, en choisissant les sources et en se posant une limite de temps, on limite de façon réfléchi sa consommation d’informations. Il est dès lors plus utile de lire 10 blogs bien choisis que 100 blogs sans réfléchir.

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    • J’aimerais rebondir sur les réactions (de Christiane Margraff et Maria Coppens) concernant l’excès d’informations que nous recevons chaque jour.

      Je pense que la diversité des sources peut apporter une réelle plus value à une compréhension globale et objective des informations reçues. En effet, les médias eux-mêmes se contredisent parfois lorsqu’ils rapportent certains fait. Que ça soit dans la presse écrite, à la télévision ou sur le net. Une plus grande quantité de visions face à certains faits ou points de vue pourrait apporter un recul nécessaire à une meilleure appréciation de ceux-ci.

      Néanmoins, l’excès de d’informations est à double tranchant. On retrouve généralement une perte de la qualité au profit de la quantité. C’est pour cela que le tri évoqué dans les posts précédents me semble aussi essentiel.

      En effet, on remarque également que ces derniers temps même certains journalistes ont une tendance à être moins regardant sur l’origine de leurs informations. Les réseaux sociaux, les forums, etc. commencent petit à petit à servir de sources pour relayer des informations. Les médias, en qui beaucoup ont une confiance aveugle subissent aussi cette dégradation de qualité.

      Pourquoi dès lors ne développerait-on pas un label qui regrouperait une série de sites (autre que les médias reconnus censés être regardant face à la provenance de leurs sources) dont l’information serait collectée de façon professionnelle et sûre?
      Cela permettrait de passer outre les moteurs de recherche (jamais totalement efficients) et d’éviter la pollution des autres sites plus suspects où le lecteur n’aurait pas la certitude de la vérité…

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  7. Nous pouvons constater actuellement que l’information est partout. En effet, il nous suffit d’ouvrir notre ordinateur, la télé ou encore écouter la radio pour être en contact avec celle-ci. Le choix des mots “quand l’information devient une pollution” n’est donc pas anodin car la pollution est un phénomène (à caractère péjoratif) qui s’étend de manière très rapide.

    Nous pourrions aujourd’hui parler de véritable révolution de l’information et de la communication. Ce phénomène peut avoir diverses conséquences. Tout d’abord, ce flux d’information vise tout un chacun car nous pouvons tous par le biais des blogs ou d’autres réseaux sociaux communiquer entre nous. Cependant, cela représente un risque important d’altération de l’information et peut dés lors porter gravement atteinte à la vie privée des individus.

    Deuxièmement, nous pouvons nous poser la question de l’avenir de la presse écrite dans cette situation. En effet, ce développement des nouvelles technologies porte gravement atteinte à sa fonction première (qui est celle de la transmission de l’information). Cependant, nous savons qu’un journaliste est une personne cultivée et nous pouvons dés lors d’avantage nous fier à son travail plutôt qu’aux flux d’informations provenant d’internet dont nous ignorons dans la plupart des cas la provenance.

    Enfin, nous évoquons également la problématique de l’atteinte au droit d’auteur. Ce dernier poursuit un double objectif: d’une part, la protection du créateur dans le domaine artistique et littéraire, d’autre part, la promotion de l’accès du public aux oeuvres. Toutefois, il faut savoir qu’un même acte d’utilisation d’une oeuvre est susceptible de porter atteinte à plusieurs droits (patrimoniaux ou moraux) de l’auteur. Par exemple, si nous mettons une chanson sur un blog, cela constitue un acte de reproduction et un acte de communication au public. En outre, si nous déformons cette chanson, il y aura également une atteinte au droit moral d’intégrité, etc..

    En conclusion, l’usage des nouvelles technologies s’accroit autour de nous. Il nous appartient donc de canaliser cette information à bon escient. Il est également essentiel d’avoir un esprit critique quant à la provenance des sources de l’information.

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    • vous parlez de beaucoup de choses
      de notre participation à la production d’information par les blogs et réseaux sociaux, en mentionnant un problème de vie privée
      du rôle de la presse dans la certification de la qualité de l’information
      du bouscule ment du droit d’auteur par les usages de l’information sur internet
      Pourriez-vous essayer de prendre un seul sujet et de l’approfondir davantage ?

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      • Concernant la problématique d’internet et de la presse écrite, ce qui me semble important c’est que le lecteur, désireux de s’informer, va acheter un journal “en qui il a confiance”. A contrario, dans le monde de l’internet, il va se retrouver face à une multitude d’informations dont il ignorera la plupart du temps la provenance. De plus, dans ce monde virtuel, les informations se multiplient à une vitesse impressionnante. En effet, il nous est presque possible d’avoir certaines informations en direct. Ce dernier permet également aux internautes de communiquer entre eux par le bais de commentaires. Cependant, la relation que nous avons avec cet ordinateur ne sera pas la même que celle que nous avons avec le papier.

        En effet, la presse écrite jouit de certains avantages, tels que ses journalistes professionnels dont le métier est de s’informer. Par conséquent, nous pouvons plus facilement nous fier à leurs informations. Nous remarquons aussi que la presse existe depuis de nombreuses années alors que le monde de l’internet est relativement récent. Nous avons dés lors une plus grande confiance en cette dernière. En outre, être sur un ordinateur peut être associé au travail que nous faisons quotidiennement, le journal serait donc une manière de déconnecter de notre vie de tous les jours.

        En conclusion, l’information est partout et sous diverses formes. Il nous appartient donc de faire un usage de celle-ci à bon escient en vérifiant la véracité et l’origine des sources. Nous constatons également que ce n’est pas le support mais bien la qualité de l’information que nous permettra d’accorder notre préférence à l’un ou à l’autre.

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  8. Cet article m’interpelle, mais ce qui m’interpelle plus particulièrement encore, ce sont les dérives auxquelles peuvent mener une telle propagation de l’information et vers lesquelles nous sommes presque irrémédiablement entrainés. S’il est indéniable que la presse et ses nombreux canaux de transmission ont suscité une véritable révolution dans le monde de l’information, il est un point sur lequel j’aimerais insister, qui est celui du risque de déformation de l’information trop souvent atteint.

    On parle de « flot » de l’information, mais ne pourrait-on pas, dans certains cas, parler de « flop » de l’information à partir du moment où elle nous donne une vision erronée de la réalité ? Les conséquences qui en découlent sont importantes et peuvent notamment porter atteinte à l’intégrité des personnes qui en font l’objet ! La presse se révèle ainsi être un instrument à double tranchant … N’oublions pas également qu’il est une pratique à part entière de nous faire croire ce que l’on a envie de nous faire croire, et qu’à ce niveau tous les moyens sont bons, au point de reléguer le rôle d’information au second plan, et de donner la faveur à celui qui interpellera le plus, …

    Par ailleurs, s’il est vrai que nous participons de manière active à cet engouement, que ce soit par l’intermédiaire de blogs, de réseaux sociaux, de forums de discussion, … ne négligeons cependant pas l’effet de mode qui se joue à cet égard et qui ne peut être passé sous silence.

    Un mot enfin au sujet d’une autre problématique que soulève cet article, à savoir le droit d’auteur. Pour dire vrai, je ne suis pas totalement convaincue quant à la capacité de ce dernier à faire face à cette pléthore d’intermédiaires et au flux d’informations qu’elle implique nécessairement. Si certains pensent, peut-être naïvement, qu’une réforme du droit d’auteur dans le sens d’un renforcement suffirait à limiter le copiage ou que son abolition favoriserait le libre accès, d’autres se montrent plus modérés et situent le combat davantage dans la recherche de nouvelles formes de régulation.

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  9. Concernant la question de savoir si une réforme du droit d’auteur est nécessaire à l’heure actuelle. Nous avons vu que la création d’un droit par une société résultait d’une mise en balance des couts non seulement sociaux mais également privés qui seraient nécessités pour garantir le respect de ce droit et les bénéfices résultant de la création de ce nouveau droit. Et ce n’est que si les bénéfices pouvant résulter de la création de ce nouveau droit sont supérieurs aux couts que la société décidera de créer un tel droit et en fonction de l’évolution de la balance de le modifier.

    La création d’internet ainsi que son développement ont de manière irréfutable augmenté les couts supporté par la société pour faire respecter le droit d’auteur. L’exemple le plus célèbre d’atteinte au droit d’auteur sur internet sont les téléchargements illégaux. Ce sont chaque année des millions de films, musiques qui sont téléchargés sur la toile en toute illégalité. Les états ont adopté de nouvelles législations destinées à garantir la protection des droits d’auteur sur internet (L’union européenne à adopté des directives relatives au droit d’auteur, il y a également des traités OMPI, …). L’adoption de ces lois, la recherche des infractions, la mise en œuvre de la loi entrainent un cout pour la société. Nul doute que ces nouveaux couts pèsent lourd dans la balance.

    Faut-il pour autant envisager de supprimer les droits d’auteur ? Il ne faut pas perdre de vue que le fait qu’il y ait des droits d’auteur sur une œuvre va permettre au titulaire de ce droit de percevoir des revenus qui lui permettront dans un premier temps de rembourser les frais que la création de l’œuvre a engendré et dans un deuxième temps de percevoir des bénéfices. Le droit d’auteur, comme le brevet et d’autres droits de la propriété intellectuelle ont donc une fonction d’incitation à la création. Si l’on en vient à supprimer les droits d’auteur, le téléchargement deviendra certes légal mais il est fort probable qu’il n’y ait plus rien à télécharger. Je pense qu’il faut plutôt envisager d’adapter les droits d’auteur au développement d’internet.

    Une solution envisageable serait de favoriser le téléchargement légal de ces œuvres. Internet a pour avantage de ne pas engendrer de frais pour la reproduction de l’œuvre et il n’est pas non plus nécessaire d’avoir de support matériel de l’œuvre. Le cout marginal de celle-ci est par conséquent fortement réduit. Si l’on créait sur internet des sites de téléchargement légal (comme itunes par exemple) le prix de l’œuvre serait beaucoup plus accessible en raison de ce faible coût marginal. Et si l’on part sur l’hypothèse que le consommateur est raisonnable, il préfèrera payer peu pour disposer d’une œuvre en toute légalité plutôt que de ne pas payer mais de s’exposer à des poursuites judiciaires. Pour inciter les agents économiques à adopter un comportement allant dans ce sens, on pourrait renforcer les peines encourues en cas de création sur internet de sites permettant le téléchargement illégal ces peines auraient un effet dissuasif et le fait de viser les personnes mettant à disposition des internautes un espace pour le téléchargement illégal permet de restreindre l’étendue des recherches.

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